La ligne de stop en marquage au sol est l’une des marques transversales les plus importantes de la signalisation horizontale : c’est elle qui matérialise le point d’arrêt obligatoire à une intersection. Bande blanche continue de 0,50 m de large, elle complète le panneau AB4 et engage directement la sécurité des usagers comme la responsabilité du gestionnaire de voirie. Dimensions réglementaires, produits certifiés, technique de pose, budget : ce guide expert fait le tour complet de la question, en cohérence avec la norme de marquage routier en vigueur et les règles applicables à toute ligne blanche sur route.
Le saviez-vous ? Le non-respect d’un stop est sanctionné de 135 € d’amende et d’un retrait de 4 points (article R415-6 du Code de la route). C’est la ligne transversale peinte au sol — et non le panneau seul — qui fixe précisément l’endroit où l’arrêt doit être marqué.
Qu’est-ce que la ligne de stop en signalisation horizontale ?
La ligne de stop est une marque transversale continue, tracée en blanc perpendiculairement à l’axe de la chaussée, à l’endroit exact où le conducteur doit immobiliser complètement son véhicule avant de franchir l’intersection. Elle appartient à la famille des marques sur chaussées définies par la 7ᵉ partie de l’Instruction interministérielle sur la signalisation routière (IISR).
Contrairement aux lignes longitudinales (axiales, de rive ou de dissuasion), la ligne de stop ne guide pas la trajectoire : elle impose un comportement. Elle fonctionne toujours en binôme avec la signalisation verticale : le panneau AB4 « STOP » annonce la prescription, la ligne au sol en fixe le point d’application. En cas d’absence ou d’effacement de la ligne, l’arrêt doit être marqué à l’aplomb du panneau — mais l’ambiguïté créée est un facteur d’accident documenté aux intersections.
On retrouve la ligne de stop dans trois contextes principaux : les intersections avec régime de priorité STOP, les passages à niveau équipés d’un signal d’arrêt, et les feux tricolores (la ligne d’effet des feux, techniquement proche, marque le point d’arrêt au rouge).
Réglementation : ce que disent l’IISR et le Code de la route
Le cadre réglementaire de la ligne de stop repose sur trois textes complémentaires, que tout maître d’ouvrage public ou privé doit connaître avant de lancer un chantier de marquage :
- L’IISR, 7ᵉ partie « Marques sur chaussées » : elle définit la géométrie de la ligne (continuité, largeur de 0,50 m), sa couleur blanche et son implantation par rapport à la voie prioritaire.
- Le Code de la route (article R415-6) : il définit l’obligation d’arrêt au droit de la ligne et les sanctions applicables.
- La norme NF EN 1436 : elle fixe les performances minimales du produit appliqué — rétroréflexion, luminance, antidérapance.
Sur ce dernier point, les exigences sont précises : un produit de marquage certifié doit garantir un coefficient d’adhérence SRT ≥ 0,45, une rétroréflexion de classe R2 minimum (150 mcd/m²/lx, R3 à 150 recommandé sur voirie rapide) et une blancheur durable mesurée par le facteur de luminance. Les produits homologués portent la certification NF « Équipements de la route ». Pour le choix du produit lui-même, notre guide de la peinture de marquage routier détaille les familles disponibles et leurs certifications.
⚠ Attention : sur le domaine public, seul le gestionnaire de voirie (ou une entreprise mandatée) peut créer ou modifier une ligne de stop. Un marquage sauvage, même bien intentionné, est illégal et engage la responsabilité de son auteur en cas d’accident. Sur domaine privé (parking, site industriel), le propriétaire est libre, mais a tout intérêt à respecter les codes de l’IISR pour rester lisible.
Dimensions normalisées de la ligne de stop
La géométrie de la ligne de stop est invariable sur tout le territoire, ce qui garantit une lecture instantanée par les conducteurs. Voici les valeurs de référence à respecter au traçage :
| Caractéristique | Valeur réglementaire | Observations |
|---|---|---|
| Type de ligne | Continue | Aucune interruption sur la largeur des voies |
| Largeur de la bande | 0,50 m | Constante, quel que soit le type de route |
| Couleur | Blanche | Jaune uniquement en marquage temporaire de chantier |
| Longueur | Largeur de la ou des voies d’approche | Environ 3,00 à 3,50 m par voie |
| Implantation | En limite de la voie prioritaire | Position garantissant la visibilité sans empiéter sur la voie transversale |
| Orientation | Perpendiculaire à l’axe de la voie | Ajustable selon le biais de l’intersection |
L’implantation est le point le plus technique : la ligne doit être placée de façon que le conducteur arrêté voie correctement le trafic prioritaire sans que l’avant de son véhicule n’empiète sur la chaussée transversale. Aux intersections biaises ou avec masques de visibilité (haies, murs, stationnement), un relevé de visibilité préalable est indispensable — c’est lui qui décide du recul exact de la ligne.

Ligne de stop ou ligne de cédez-le-passage : ne pas confondre
Les deux lignes transversales partagent la même largeur de 0,50 m, mais leur signification est radicalement différente — et leur confusion au traçage constitue une non-conformité grave, car elle contredit la signalisation verticale associée.
| Critère | Ligne de stop | Ligne de cédez-le-passage |
|---|---|---|
| Tracé | Continu | Discontinu : traits de 0,50 m espacés de 0,50 m |
| Obligation | Arrêt complet obligatoire | Céder la priorité, arrêt seulement si nécessaire |
| Panneau associé | AB4 (octogone STOP) | AB3a (triangle pointe en bas) |
| Marquage complémentaire | Inscription « STOP » sur la chaussée | Triangle tracé en amont de la ligne |
| Sanction en cas de non-respect | 135 €, 4 points | 135 €, 4 points |
L’inscription « STOP » peinte au sol reste facultative : c’est un marquage de renforcement, précieux hors agglomération où la vitesse d’approche est élevée. Les lettres sont allongées dans le sens de la circulation pour compenser l’effet de perspective — de l’ordre de 1,50 m de haut en agglomération et jusqu’à 2,50 m et plus sur routes à vitesse élevée, comme pour les autres inscriptions sur chaussée. Le même principe d’élongation s’applique d’ailleurs aux bandes d’un passage piéton peint perçu à grande distance.
À retenir : continu = arrêt obligatoire, discontinu = priorité à céder. La largeur de 0,50 m est commune aux deux lignes transversales ; seul le rythme du tracé change la règle de conduite. Le marquage au sol doit toujours être cohérent avec le panneau en place.

Quels produits pour tracer une ligne de stop ?
Une ligne de stop subit un trafic ponctuel mais agressif : freinages appuyés, redémarrages, pivotement des roues à l’arrêt. Le choix du produit conditionne directement la durée de vie du marquage et la fréquence des reprises. Quatre familles de produits certifiés NF EN 1436 sont utilisées :
| Produit | Durée de vie | Prix indicatif posé | Usage recommandé |
|---|---|---|---|
| Peinture routière (eau ou solvant) | 12 à 24 mois | 15 à 25 €/m² | Voirie communale, trafic modéré, budget serré |
| Enduit à froid (résine méthacrylate) | 3 à 5 ans | 25 à 40 €/m² | Intersections chargées, giratoires, zones de freinage |
| Enduit thermoplastique (à chaud) | 5 à 8 ans | 35 à 55 €/m² | Routes départementales et nationales, fort trafic |
| Bande préfabriquée collée | 4 à 8 ans | 40 à 60 €/m² | Chantiers rapides, reprises ponctuelles, enrobés neufs |
Sur une intersection à fort trafic, l’enduit à froid bicomposant ou le thermoplastique s’imposent : leur épaisseur (1,5 à 3 mm, contre 0,3 à 0,6 mm pour une peinture) résiste aux contraintes de cisaillement des pneus à l’arrêt. Tous doivent recevoir un saupoudrage de billes de verre pour la rétroréflexion nocturne, éventuellement additivé de charges antidérapantes (corindon, cristobalite) pour tenir le SRT en zone de freinage.

Pose d’une ligne de stop : les 6 étapes d’un marquage conforme
Le traçage d’une ligne de stop est un chantier court — une à deux heures sur site — mais exigeant en préparation. Voici le protocole appliqué par les entreprises de signalisation horizontale :
- Diagnostic du support : l’enrobé doit être propre, sec, non ressuant. Un enrobé neuf demande 3 à 4 semaines de mûrissement avant marquage définitif.
- Signalisation temporaire de chantier : cônes, panneaux AK5, protection de l’applicateur — obligatoire même pour 30 minutes de travaux.
- Préparation de surface : balayage mécanique, soufflage, dégraissage éventuel. Sur ancien marquage écaillé, un effacement préalable s’impose.
- Prémarquage : traçage au cordeau de l’axe de la ligne, contrôle de la perpendicularité et du positionnement par rapport à la voie prioritaire.
- Application : machine airless pour la peinture, sabot ou extrudeuse pour les enduits, avec saupoudrage immédiat des billes de verre.
- Contrôle et libération : vérification de la largeur (0,50 m), de l’épaisseur du film et respect du temps de séchage de la peinture routière avant réouverture au trafic.
💡 Astuce : pour l’inscription « STOP » complémentaire, exigez un pochoir normalisé à lettres allongées plutôt qu’un traçage à main levée. Le gain est double : conformité géométrique immédiate et vitesse d’exécution (10 minutes par inscription au lieu de 45). La plupart des applicateurs sérieux en disposent en 1,50 m et 2,50 m.
Prix d’une ligne de stop en 2026
Le coût d’un marquage de stop dépend du produit retenu, de la largeur de la voie et surtout du contexte d’intervention : une ligne isolée coûte proportionnellement beaucoup plus cher qu’une ligne intégrée à une campagne de marquage communale, à cause du forfait de mobilisation (déplacement, signalisation temporaire, équipe).
| Prestation | Fourchette 2026 |
|---|---|
| Ligne de stop en peinture (voie 3,50 m ≈ 1,75 m²) | 30 à 60 € |
| Ligne de stop en résine à froid | 60 à 110 € |
| Ligne de stop en thermoplastique | 90 à 160 € |
| Inscription « STOP » au pochoir | 60 à 120 € |
| Effacement d’un ancien marquage (au m²) | 15 à 40 €/m² |
| Forfait mobilisation / signalisation de chantier | 250 à 500 € |
Pour une commune, la stratégie gagnante consiste à grouper les reprises de marquage (stops, passages piétons, cédez-le-passage) dans une campagne annuelle : le forfait de mobilisation est alors amorti sur des dizaines de points, et le prix unitaire d’une ligne de stop chute de 30 à 50 %. Notre analyse complète du prix du marquage au sol détaille les barèmes par type de prestation et les leviers de négociation.
Entretien, durée de vie et effacement
Une ligne de stop perd en moyenne 15 à 25 % de rétroréflexion par an sous trafic. Le gestionnaire doit programmer un contrôle visuel annuel et une mesure rétroréflectométrique sur les axes structurants : sous le seuil de 100 mcd/m²/lx, la reprise s’impose. En pratique, une peinture se reprend tous les 1 à 2 ans, un enduit tous les 4 à 7 ans.
L’effacement d’une ligne devenue obsolète (changement de régime de priorité, réaménagement d’intersection) ne se fait jamais par recouvrement en peinture noire : la marque réapparaît en conditions humides ou rasantes et crée une signalisation fantôme dangereuse. Les techniques admises sont l’hydrogommage (eau ultra haute pression), le grenaillage et le rabotage léger, qui suppriment le film sans détruire l’enrobé.

Qui est responsable du marquage d’un stop ?
La question de la responsabilité est centrale pour les collectivités. Le pouvoir de police de la circulation appartient au maire en agglomération, au président du conseil départemental sur les routes départementales hors agglomération, et au préfet sur le réseau national. C’est l’autorité de police qui décide (par arrêté) de l’implantation d’un stop ; c’est le gestionnaire de voirie qui finance et entretient le marquage.
En cas d’accident sur une intersection dont la ligne de stop était effacée ou illisible, la victime peut invoquer le défaut d’entretien normal de l’ouvrage public devant le juge administratif. La jurisprudence retient régulièrement une part de responsabilité de la collectivité lorsque l’état du marquage a contribué au dommage. D’où l’importance d’une traçabilité des contrôles : registre de voirie, photos datées, campagnes de reprises documentées.
Sur domaine privé (parkings de centres commerciaux, sites logistiques, copropriétés), le Code de la route ne s’applique pas de plein droit, mais le propriétaire reste tenu à une obligation générale de sécurité. Reprendre les codes normalisés — bande continue de 0,50 m, inscription STOP — est la meilleure garantie de lisibilité et de défense en cas de sinistre.
À retenir : un stop, c’est un arrêté de police + un panneau AB4 + une ligne continue de 0,50 m. Si l’un des trois manque, la prescription reste opposable aux conducteurs tant que le panneau est en place, mais la collectivité s’expose en cas de contentieux. Le marquage doit être contrôlé chaque année et repris dès qu’il devient illisible.
FAQ — Ligne de stop et marquage au sol
Quelle est la largeur réglementaire d'une ligne de stop ?
Quelle différence entre ligne de stop et ligne de cédez-le-passage ?
Le mot STOP peint au sol est-il obligatoire ?
Combien coûte le traçage d'une ligne de stop en 2026 ?
Quelle peinture utiliser pour une ligne de stop ?
Qui doit refaire un stop effacé ?
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Rédigé par la rédaction Marquage-au-sol.fr — publié le 13 juillet 2026. Sources : IISR 7ᵉ partie « Marques sur chaussées », Code de la route (art. R415-6), norme NF EN 1436.




